CO3D : une nouvelle génération de données satellitaires pour observer et comprendre les territoires
Animation, Rencontres régionales
20/06/2026

Invité en tant que Grand témoin technologique des Rencontres régionales PIGMA 2026, Laurent Lebegue, du CNES, a présenté la mission CO3D et les nouvelles perspectives offertes par l’observation de la Terre. Grâce à une constellation de satellites capable de produire des modèles 3D de haute précision à l’échelle mondiale, cette innovation ouvre de nouveaux champs d’application pour l’aménagement du territoire, la gestion des risques, le suivi de l’environnement ou encore les futurs jumeaux numériques.
Après les échanges consacrés à l’intelligence artificielle et aux retours d’expérience territoriaux, les Rencontres régionales PIGMA 2026 ont pris de la hauteur avec l’intervention de Laurent Lebegue, représentant du Centre National d’Études Spatiales (CNES).
Son intervention a permis de découvrir la mission CO3D (Constellation Optique 3D), un programme ambitieux porté par le CNES et Airbus visant à produire une cartographie tridimensionnelle de très haute précision de l’ensemble du globe.
L’objectif est de franchir une nouvelle étape dans l’observation de la Terre en proposant des modèles numériques de surface (MNS) d’une précision inédite, capables d’alimenter de nombreux usages territoriaux.
Une constellation de satellites au service de la donnée 3D
La mission repose sur une constellation de quatre satellites placés en orbite à 500 kilomètres d’altitude et fonctionnant par paires stéréoscopiques.
Cette configuration permet d’observer simultanément un même territoire sous différents angles afin de reconstituer automatiquement son relief en trois dimensions.
Les satellites embarquent des capteurs de nouvelle génération capables de produire des images couleur haute résolution, mais également des données dans le proche infrarouge, particulièrement utiles pour l’observation de la végétation et des milieux naturels.
L’ensemble de la chaîne de traitement a été conçu pour fonctionner de manière totalement automatisée et massivement parallélisée dans le cloud, permettant de produire de très grands volumes de données tout en maîtrisant les coûts de production.
Des performances inédites pour l’observation des territoires
La constellation CO3D produira des images d’une résolution de 50 centimètres et des modèles numériques de surface d’une précision relative de l’ordre du mètre.
Chaque satellite peut acquérir en un seul passage des zones d’environ 30 kilomètres sur 30 kilomètres, permettant de couvrir à terme près de 130 millions de kilomètres carrés.
Les premiers résultats présentés lors des Rencontres régionales ont mis en évidence plusieurs avancées majeures :
- Une restitution très fidèle des couleurs ;
- Une excellente qualité de détail en milieu urbain ;
- Une exploitation améliorée des zones d’ombre ;
- Une représentation particulièrement fine de la végétation grâce au proche infrarouge ;
- La possibilité d’acquérir des images de nuit ;
- La production de séquences vidéo pouvant atteindre cinq images par seconde.
Autant d’innovations qui renforcent considérablement les capacités d’analyse et d’observation des territoires.
Des applications concrètes pour l’action publique
Au-delà de la prouesse technologique, Laurent Lebegue a insisté sur les nombreux usages potentiels de ces nouvelles données.
Les modèles 3D générés par CO3D pourront notamment être mobilisés pour :
- L’aménagement et la planification territoriale ;
- La gestion des risques naturels ;
- Le suivi du trait de côte ;
- L’observation des effets du changement climatique ;
- L’évaluation des dégâts après une catastrophe ;
- La surveillance des infrastructures ;
- L’étude de l’évolution des glaciers ;
- La création et l’alimentation de jumeaux numériques territoriaux.
Cette diversité d’applications illustre le rôle croissant joué par les données géospatiales dans les politiques publiques et l’aide à la décision.
Une nouvelle ressource pour les acteurs des territoires
Les satellites CO3D ont été lancés à l’été 2025 et sont actuellement engagés dans leur phase de démonstration et de qualification.
La production massive des données devrait débuter prochainement, ouvrant l’accès à une ressource inédite pour les acteurs publics.
Laurent Lebegue a également rappelé l’existence d’un partenariat entre le CNES et Airbus permettant au CNES de bénéficier d’un accès privilégié aux données. Les coûts annoncés pour les produits 3D sont significativement réduits par rapport aux générations précédentes de satellites, favorisant leur diffusion auprès d’un public plus large.
À cette occasion, Martin Blazek a souligné le rôle de PIGMA comme facilitateur d’accès à l’imagerie satellitaire via le dispositif Dinamis. Un avenant à la convention PIGMA permet notamment aux partenaires de bénéficier de ces ressources dans un cadre mutualisé.
Une donnée toujours plus riche pour les territoires de demain
Cette intervention a parfaitement illustré l’une des grandes tendances mises en lumière tout au long des Rencontres régionales PIGMA 2026 : l’accélération simultanée des capacités de production et d’exploitation de la donnée.
Alors que l’intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives pour analyser et valoriser l’information, des programmes comme CO3D transforment profondément notre capacité à observer les territoires et à produire des données toujours plus précises.
Une évolution qui devrait contribuer à renforcer les outils d’aide à la décision et à accompagner les territoires dans leurs transformations futures.