Data, IA et territoires : où allons-nous ?

Animation, Rencontres régionales

19/06/2026

RENCONTRES REGIONALES PIGMA 2026 LAURENT MER

Pour conclure la matinée des Rencontres régionales PIGMA 2026, Laurent Mer, Directeur Général de Neogeo, a proposé un regard prospectif sur les évolutions à venir autour de la donnée, de l’intelligence artificielle et de leurs impacts sur les territoires. Trois ans après une première intervention consacrée aux promesses de la GeoIA, il est revenu sur les transformations déjà engagées et les nouvelles ruptures qui s’annoncent, notamment avec l’émergence des agents intelligents.

Invité des Rencontres régionales PIGMA en 2023 pour évoquer les perspectives offertes par l’intelligence artificielle dans le domaine de la géomatique, Laurent Mer est revenu cette année avec une question simple mais essentielle : où allons-nous ?

Trois ans plus tard : des promesses devenues réalité

Le constat est sans appel. En seulement trois ans, les usages de l’intelligence artificielle ont connu une accélération spectaculaire. Ce qui relevait encore de l’expérimentation ou de la prospective est désormais intégré dans de nombreux processus métiers.

Dans le domaine de la géomatique, l’IA est aujourd’hui utilisée pour automatiser des tâches répétitives, détecter des objets, classifier des données, anonymiser des informations ou encore améliorer la qualité des référentiels. Selon Laurent Mer, près de 80 % des cas d’usage identifiés il y a trois ans sont désormais couverts par des solutions opérationnelles.

Pour autant, cette évolution ne remet pas en cause le rôle de l’humain. L’intelligence artificielle n’a pas vocation à remplacer les professionnels mais à les accompagner, en leur permettant de se concentrer davantage sur l’expertise, l’analyse et la prise de décision.

L’arrivée des agents : une nouvelle étape de l’intelligence artificielle

Pour Laurent Mer, la principale rupture à venir réside dans l’émergence des agents intelligents.

Contrairement aux assistants conversationnels classiques, ces agents sont capables de comprendre un objectif, de planifier les différentes étapes nécessaires à sa réalisation et d’agir de manière autonome pour accomplir une tâche.

Cette évolution marque un changement profond dans la relation entre l’utilisateur et les outils numériques.

Demain, il ne sera plus nécessaire de maîtriser des logiciels complexes ou des interfaces spécialisées pour interroger une base de données, produire une carte ou réaliser une analyse territoriale. Un simple dialogue en langage naturel permettra d’accéder à ces services.

Pour les collectivités et les gestionnaires de territoires, cette évolution pourrait considérablement simplifier l’accès à l’information et accélérer la production d’analyses ou de scénarios d’aide à la décision.

Une géomatique plus accessible et plus ouverte

L’un des effets les plus marquants de cette évolution concerne la démocratisation de l’accès aux données.

Grâce aux agents conversationnels, des utilisateurs non spécialistes pourront demain interroger des bases de données complexes, produire des cartes ou obtenir des analyses sans maîtriser les outils traditionnels des systèmes d’information géographique.

Cette simplification ouvre également de nouvelles perspectives pour les citoyens, qui pourront accéder plus facilement à l’information publique et mieux comprendre les données relatives à leur territoire.

Pour Laurent Mer, cette évolution constitue un levier important de transparence, de participation et d’innovation.

Des défis toujours présents

Si les perspectives sont prometteuses, elles s’accompagnent néanmoins de nombreuses interrogations.

L’intervenant a rappelé plusieurs enjeux majeurs auxquels les organisations devront faire face :

  • La souveraineté des données ;
  • La transparence des algorithmes ;
  • La qualité et la fiabilité des données ;
  • La sobriété numérique ;
  • L’acceptabilité des usages ;
  • La maîtrise des coûts.

Sur ce dernier point, Laurent Mer a souligné une réalité souvent méconnue : les coûts liés à l’intelligence artificielle progressent rapidement. L’automatisation ne garantit donc pas systématiquement des économies et certaines tâches peuvent encore être réalisées plus efficacement par des opérateurs humains.

L’enjeu consistera à identifier les usages réellement créateurs de valeur et à privilégier des modèles adaptés aux besoins plutôt qu’une course systématique à la puissance technologique.

Vers de nouveaux métiers de la donnée

Cette transformation devrait également faire évoluer les métiers de la géomatique et de la gestion des données.

À mesure que les tâches techniques seront automatisées, les professionnels seront amenés à se concentrer davantage sur la supervision des systèmes, la validation des résultats, le contrôle de la qualité des données et la gouvernance des usages.

L’intelligence artificielle apparaît ainsi moins comme un substitut que comme un partenaire permettant de gagner du temps, de réduire certaines tâches à faible valeur ajoutée et de renforcer l’expertise humaine.

Le chatbot PIGMA : une illustration concrète de cette évolution

Cette vision prospective trouve déjà une traduction concrète au sein de la plateforme PIGMA.

Laurent Mer a présenté les évolutions en cours du chatbot PIGMA, déployé depuis un an auprès des adhérents. Une nouvelle version est en préparation afin d’améliorer son ergonomie, sa capacité de recherche et la qualité des réponses proposées.

Parmi les évolutions annoncées figurent notamment :

  • Un accompagnement plus guidé des utilisateurs ;
  • Une meilleure préparation des documents exploités par l’IA ;
  • Un croisement entre recherche documentaire et mots-clés ;
  • Une ouverture future à un mode découverte accessible au grand public.

Autant d’améliorations destinées à faciliter l’accès aux ressources de la plateforme et à démocratiser davantage l’usage de la donnée.

Une révolution qui ne fait que commencer

En conclusion, Laurent Mer a rappelé que l’intelligence artificielle continuera à transformer profondément les pratiques de la géomatique et de la gestion territoriale.

L’association de l’IA, des capteurs intelligents, des jumeaux numériques et des nouvelles générations d’outils conversationnels ouvre des perspectives inédites pour l’observation, la compréhension et la gestion des territoires.

Mais cette révolution ne sera durable que si elle s’appuie sur des données de qualité, une gouvernance solide et une approche centrée sur les besoins réels des utilisateurs.

Un message qui fait écho à l’ensemble des interventions de la matinée : la donnée demeure le socle indispensable sur lequel se construisent les innovations de demain.

(Télécharger la présentation de Laurent Mer, Neogeo)