Café atelier PIGMA jeudi 10 octobre 2019 : valorisation des données, moteur de performance des organisations

Animation, Données, Partenaires

15/10/2019

Pierre Mace cafe atelier PIGMA

PIGMA poursuit son cycle de rencontres à destination des utilisateurs de la plateforme avec pour objectif les usages des données et divers outils de valorisation mis à disposition. Le dernier rendez-vous en date du jeudi 10 octobre avec pour thématique « la valorisation des données : moteur de croissance des organisations » a mobilisé plus de 50 partenaires de la communauté PIGMA.

Les données sont un atout majeur pour les organisations car elles apportent des informations cruciales pour la prise de décisions.

Des données fiables, c’est un capital dont la valeur est précieuse, un levier d’arbitrage puissant.

Au contraire, des données inexactes, mal structurées, incomplètes ou manquantes, des informations obsolètes, des doublons et des incohérences, c’est le risque d’une prise de décision biaisée, de pertes de temps et de pertes financières…

Comment valoriser vos données, véritable moteur de croissance pour votre organisation ?

Au travers des prérequis et des retours d’expérience des partenaires, c’est la question à laquelle a tenté de répondre le Café-atelier PIGMA du jeudi 10 octobre dans la salle Guyenne Gascogne à la Maison de l’Agriculture et de la Forêt à Bordeaux.

 

En introduction à la problématique, Pierre Macé du GIP ATGeRi, a remercié les participants et les intervenants. Il a rappelé les objectifs des cafés-ateliers PIGMA destinés à faciliter les échanges et mutualiser les retours d’expériences pour monter en compétences. Il a souligné l’importance de définir les cibles, le message à porter avant de valoriser les données et de parler représentation. Ces précautions doivent être prises face à une culture de l’image qui se veut de plus en plus présente.

 

Pierre Macé, GIP ATGeRi

 

En introduction générale, Antoine Jeanjean, Association Bordeaux Data Science, a fait un état de l’art de la valorisation des données. Il a repris le terme de nouvel or noir pour désigner la donnée présente au sein des sociétés, organisations, administrations et Etats. Tout comme l’introduction générale de ce café-atelier, il a rappelé de bien définir les objectifs d’un projet de data avant de valoriser les données.

La valorisation doit passer par une bonne maîtrise des flux de la donnée afin de connaître l’information, la localiser, la sécuriser (conformité RGPD), la mettre à disposition, l’utiliser et calculer de nouvelles informations (prévisions/ indicateurs) pour une bonne aide à la décision. Il a souligné l’importance de la structuration et de la gestion du stock de données pour maximiser son usage et assurer l’activité d’une société.

La valorisation amène à l’émergence de sociétés spécialisées qui vendent les données mises à disposition, qui commercialisent un service. Elle est intégrée au business model (ex : Google) et permet ainsi de faire des études, suivre les tendances, de voir l’évolution des modes de consommation.

Il a résumé les 6 disciplines de la data en un schéma :

  • La récupération : interne ou externe
  • La structuration : nettoyage, indexation, sécurisation, cartographie…
  • La mise à disposition : sous forme de tableaux de bords ou rapports
  • Les analyses : création d’indicateurs ou de prévisions via des statistiques
  • La recherche opérationnelle : aide à la prise de décision
  • L’intelligence artificielle

Son intervention s’est conclue par une présentation brève de sa structure, les sociétés membres et écoles impliquées ainsi que les objectifs des rencontres organisées tous les 15 jours (voir la présentation).

Antoine Jeanjean, Association Bordeaux Data Science

 

Ensuite, Victor Vila et Juliette Kurtzmann, GIP e-bourgogne-franche-comté (en visio), ont présenté leur structure et leurs missions avant de donner un exemple régional de valorisation de données.

L’exemple de « Focus marchés » est un projet open data utilisant une des données essentielles et qui doit être obligatoirement publiée depuis le 01/08/2018 dans un format standard : les marchés publics (> 25 k€). Ce projet traite un sujet incontournable car concerne différents secteurs comme la prévention et lutte contre la corruption, la bonne gestion des deniers publics, le pilotage des politiques d’achat et le développement des entreprises. Il est alimenté automatiquement et est basé sur des données fiables. Ils ont indiqué que leur approche était de faire découvrir l’utilité des données ouvertes plutôt que les obligations d’ouverture des données.

Cette application a pour objectif de faciliter aux citoyens, élus et entreprises, l’exploration de ces données. Grâce à cette application, chaque acheteur et chaque titulaire d’un contrat dispose d’un tableau de bord dédié et peut télécharger l’ensemble des graphiques et données. La recherche propose des nombreux filtres pour les utilisateurs les plus avancés.

Ils ont indiqué les objectifs de Focus marchés selon les parties prenantes identifiées :

  • acheteurs publics : piloter leurs achats, trouver des prestataires, savoir s’ils ont eu un bon prix.
  • entreprises : trouver les secteurs porteurs, connaître le prix des contrats, identifier les territoires intéressants
  • citoyens : plus de transparence sur comment la dépense publique est réalisée

Ils accompagnent leurs adhérents dans la procédure de marchés publics. L’application leur simplifie ainsi la démarche à suivre et permet de créer des rapports d’activités avec des indicateurs clés en un gain de temps  (voir présentation).

Victor Vila et Juliette Kurtzmann, GIP e-bourgogne-franche-comté

 

Pour la région ex-Aquitaine, Julia Morin, GIP ATGeRi est intervenue pour montrer l’exemple de valorisation des données suite à la tempête 2009 pour mieux reconstruire le massif des Landes de Gascogne.

Elle a diffusé une vidéo faisant un bilan de la tempête KLAUS et de la mise en place de l’observatoire pour nettoyer et reconstituer la forêt dont le GIP ATGeRi est maître d’œuvre. Les travaux de cet observatoire se sont étendus sur une dizaine d’années, mobilisant tous les acteurs de la filière (une cinquantaine). Elle a rappelé sous forme de schéma les 3 grands types de services rendus par cet observatoire KLAUS:

  • Un outil de gestion des dossiers au quotidien pour les opérateurs économiques
  • Un outil de pilotage
  • Un outil de connaissance du massif en cours de reconstitution (état des forêts sinistrées, nettoyées)

Elle a montré l’état d’avancement des travaux du plan chablis, la dynamique de nettoyage via des graphiques et un tableau de bord mis à jour en temps réel. Cet observatoire a permis de faire évoluer la filière et de démontrer les apports de la mutualisation.

Ce travail de suivi de la filière forestière a été poursuivi pour un autre projet : FORETDATA. Depuis 2013, il propose aux entreprises des services de simplification des démarches administratives.

Elle indique que certaines des données co-construites dans le cadre de l’observatoire KLAUS puis de FORETDATA sont anonymisées et réutilisées dans d’autres projets :

  • utilisation de la couche des parcelles reboisées (lorsque les travaux sont réalisés) dans le cadre de l’élaboration des documents d’urbanisme,
  • cartographie des jeunes peuplements à protéger des dégâts de gibiers et adaptation des plans de chasse pour l’observatoire Territoires-Gibiers.

Aujourd’hui, ce travail de consolidation et de valorisation de l’information s’étend au-delà du massif des Landes de Gascogne : des chantiers sont en cours sur les régions ex-Limousin et en Occitanie (voir la présentation).

Julia Morin, GIP ATGeRi

 

Puis Rafael Bunales, ATMO Nouvelle-Aquitaine (en visio) a rappelé les missions et le statut d’ATMO Nouvelle Aquitaine avant d’aborder les obligations de diffusion des données en accès libre mise en place depuis plusieurs années. Cette obligation a été contrainte face à la multiplicité de format des données diffusées et à leur non interopérabilité avec les autres régions.

En 2018, ATMO Nouvelle-Aquitaine a choisi de travailler avec l’échelle nationale et l’ensemble des associations régionales pour mettre en place leur propre portail open data avec une échéance commune et un socle commun de données à diffuser. Suite à des soucis d’interopérabilité qui subsistaient encore et un problème de cohérence nationale ainsi que des besoins limités, ATMO Nouvelle-Aquitaine a choisi de changer d’outil pour gérer leur portail open data.

Il nous présente le nouveau portail open data d’ATMO Nouvelle-Aquitaine, déployé depuis le 18/09/19 lors de la Journée nationale de la qualité de l’air : https://opendata.atmo-na.org.

Ce portail diffuse des indicateurs sur la qualité de l’air à différentes échelles, permet de les prévisualiser (sous forme de tableur ou de cartographie) et de les télécharger. Ces données sont référencées dans un catalogue.

Pour conclure, il donne en titre d’exemple de valorisation la rediffusion de certaines de ces données par d’autres portails, à une échelle plus locale, comme celui de Grand Poitiers.

Rafaël Bunales, ATMO Nouvelle-Aquitaine

 

L’intervention suivante de Florence Prédonzan, CRT Nouvelle-Aquitaine a abordé la valorisation des données au service du tourisme en Nouvelle-Aquitaine. Elle rappelle que les offices de tourisme, les départements et la région ex-Aquitaine fonctionnent avec un seul et même outil : les SIT (Système d’Information Touristique). Cet outil représente environ 160 000 offres.

Elle souligne que l’enjeu est de multiplier la visibilité de ces données, et donc de les diffuser le plus largement possible. Dans le cadre de la grande région, il a fallu trouver des outils pour agréger les données des 3 ex-régions (Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes) qui ne fonctionnaient pas sur le même outil : exemple de Cirkwi, agrégateur de données de circuits/ itinéraires ainsi que de points d’intérêt. Ces données sont diffusées sur le site du CRT Nouvelle-Aquitaine.

Elle indique qu’avant d’être diffusées, le réseau d’acteurs du tourisme collectant les données s’assure de leur qualité, de leur structuration et de leur fiabilité, d’autant plus avec l’essor des applications mobiles qui les réutilisent.

Ces données sont diffusées depuis les années 2000, elles sont sollicitées par un nombre d’interlocuteurs (start-ups, entreprises) dans le cadre de projets autour du tourisme, pour alimenter des annuaires et agendas. Ce qui implique de standardiser ces données.

Au-delà des informations touristiques, cette démarche vise également à enrichir des bases de données, à faciliter la connaissance des territoires et la communication des informations.

Elle conclut par des exemples de projets et applications touristiques ou autres réutilisant les données diffusées par le CRT Nouvelle-Aquitaine (voir la présentation).

Pour finir, l’ATD 24 a témoigné sur la récupération quotidienne et automatique des données sur les taxes de séjour pour alimenter leur propre outil.

Florence Prédonzan, CRT Nouvelle-Aquitaine

 

Gabriel Dos Santos, Bordeaux Métropole commence sa présentation par un témoignage d’une start-up (Qucit) qui a pu développer ses activités grâce à la réutilisation des données open data de Bordeaux Métropole. Si Bordeaux Métropole produit de la donnée pour être gérée en interne, elle vise également à en diffuser en open data, participant ainsi au développement de start-ups et applicatifs.

Il souligne que les 2 données suivantes comptent parmi le top 5 des jeux de données les plus populaires de Bordeaux Métropole, soit les plus consultées :

  • Circulation
  • Parkings

Il fait ensuite une démonstration :

Enfin, il fait une ouverture sur DataLab, un outil pour analyser les séries temporelles concernant les transports en commun. L’objectif serait également de diffuser ces données en temps réel et de permettre ainsi une possible réutilisation (voir la présentation).

Gabriel Dos Santos, Bordeaux Métropole

 

Pour la dernière intervention de ce café-atelier, Jérôme Fuseau et Vincent Laguille, A’URBA, font d’abord une brève présentation sur leur structure, la composition des équipes, les principaux financeurs et les thématiques sur lesquelles ils travaillent.

L’exemple proposé a été réalisé dans le cadre du suivi du PLU 3.1 de Bordeaux Métropole et à la demande de Bordeaux Métropole : créer une base de données « Etat 0 » sur le suivi des linéaires commerciaux. L’objectif était d’avoir un état de la consommation (commerces) lors de la prochaine révision du PLU. Toute une chaîne de production a été mise en place afin de structurer et recueillir les données, de les collecter et de les diffuser. Elle a été réalisée en trois grandes étapes :

  • préparation et structuration des données pour l’enquête terrain
  • enquête terrain
  • intégration et validation des données au projet SIG

Une fois la commande initiale atteinte et validée par Bordeaux Métropole, A’URBA a proposé un outil valorisant les données issues de cette étude.

Ils ont fait une démonstration de l’application « Observatoire des linéaires commerciaux et économiques du PLU », une cartographie localisant l’ensemble des linéaires commerciaux du PLU avec un affichage des indicateurs fonction du niveau de zoom sur la carte.

A’URBA a pour objectif, via cette application, de proposer un comparatif lors de la prochaine révision du PLU entre l’avant « Etat O » et le prochain (voir la présentation).

Jérôme Fuseau et Vincent Laguille, A’URBA

 

Après un temps d’échange, Anne Sagot-Duvauroux a remercié l’ensemble des participants présents.

Le prochain café-atelier PIGMA aura lieu le jeudi 12 décembre autour de la thématique de la consommation de l’espace.